La discographie vue par Thiéfaine ...


"Tout corps vivant branché sur le secteur étant appelé à s'émouvoir " (1978)


Le premier album est toujours important, c'était une carte de visite. Cela faisait dix ans que j'avais envie de le faire, que je faisais toutes les maisons de disques. Il est peut-être trois fois disque d'Or aujourd'hui mais à l'époque, il a coûté moins de 50000 francs (sourires). On a tout fait en 3-4 jours, tout en même temps, mixage compris. Heureusement qu'on connaissait bien les chansons et que ça roulait. Alors, évidemment, le son reste un peu maigre, même pour l'époque. "


" Autorisation de délirer " (1979)


Dans celui-là, il y a davantage une sorte de thème général, c'était déjà plus tendance rock'n'blues. C'est pareil, c'est un disque qui a été fait en cinq jours et qui aurait mérité un plus long traitement.

" De l'amour, de l'art ou du cochon ? " (1980)
Je me suis un peu désintéressé de cet album car, au moment de son enregistrement, je travaillais déjà sur " dernières balises ". C'est simple : l'après-midi, on était en studio pour faire cet album, le soir on était à la Gaieté Montparnasse et moi, j'étais carrément " out " puisque la nuit, je ne dormais pas, je travaillais sur ce qui allait devenir " dernières balises ". Qui commence d'ailleurs par un morceau qui s'appelle " 113e cigarette sans dormir " ce qui veut tout dire. Mais dans cette période, je ne supportais plus ce qu'on faisait, toutes ces pitreries, ces déguisements sur scène, ça ne correspondait plus du tout à ma vie. En fait, j'ai laissé faire " De l'amour, de l'art ou du cochon ? " . J'ai laissé faire parce que ça ne m'intéressait plus tellement.

 

" Dernières balises avant mutation " (1981)
" Dernières balises " est sorti peu de temps après et c'était vraiment un grand virage. C'est mon premier disque qui a rencontré vraiment du succès, le premier qui est devenu tout de suite disque d'Or. Je n'ai jamais rien compris : à l'époque, je pensais que c'était le dernier que je faisais, je pensais que personne ne voudrait plus jamais me produire du fait que cela allait être un fiasco, je pensais même que je ne serais peut-être plus vivant après… Bref, c'était le doute total. Et en fait, j'ai été très surpris par le résultat de " dernières balises " je ne m'attendais pas du tout à ça…

" Soleil cherche futur " (1982)
Là, ça se précipite. Je l'ai fait très vite, il colle derrière " dernières balises ". Il y a des moments comme ça où on a beaucoup à dire, beaucoup à cracher. Et puis là, il y a eu des tournées absolument gigantesques. C'était la folie totale.
" Alambic / sortie-sud " (1984)
J'avais eu un accident de moto, je ne pouvais plus étendre le bras, plus jouer de la guitare. Je ne sais même pas si j'avais alors envie de continuer à écrire de la musique. C'est donc Claude Mairet qui a composé toutes les musiques. J'ai présenté dans le design de la pochette le titre " alambic / sortie-sud " comme un titre de chanson avec entre parenthèses l'auteur et le compositeur : Thiéfaine/Mairet.
J'avais donc uniquement écrit des textes, des textes que j'aime bien d'ailleurs. Mais il était temps de finir l'album car, sinon, je crois que je serai encore dessus aujourd'hui, à fignoler les textes.



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" Météo für nada " (1986) et " Eros über alles " (1988)

" Météo für nada " a été un peu comme une reprise, c'est aussi l'album qui correspond à la naissance de mon premier fils.
C'est pour moi une de mes plus belles réussites. J'adore tous les morceaux de cet album.
Et après, il y a eu " Eros über alles " qui en est un peu la suite
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Chroniques bluesymentales " (1990) et " Fragments d'hébétude " (1993)
Après, on part dans les grandes expériences. Pour " Chroniques bluesymentales ", je suis arrivé en studio à New-York avec mes chansons et on s'est mis à bosser sans maquettes, sans rien. J'avais eu envie de me barrer, de faire autrement pour oublier tout un tas de trucs. Après New-York, j'ai fait Los-Angeles ce qui était la suite logique. Mais là, j'avais une maquette, j'étais épaulé par Patrice Marzin. " Fragments d'hébétude " est aussi un disque que j'aime beaucoup

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" La tentation du bonheur " (1996)
J'en suis très fier. J'y ai retrouvé Tony ( Carbonare ndr) comme arrangeur. Or, Tony était aussi l'arrangeur des trois premiers, c'est un peu des retrouvailles, dans une bonne ambiance. C'est vrai que cet album sonne un peu comme un retour aux sources. Mais c'est aussi parce que c'est le 11ème album studio. Or, en numérologie, le 11ème démarre toujours un nouveau cycle qui tient compte du cycle précédent. J'aime bien jouer aussi avec ce genre de trucs